Ce projet a été réalisé en 2024 avec ma collègue Perrine Kazapy.
Nous avons été sollicité par le groupe Marc qui exploite, entre autre, la carrière de pierre d’Iffendic. C’est Hélène, une employée du groupe qui a fait le lien rendant possible ce projet. Perrine ayant eu le premier contact avec elle quelques mois auparavant et moi habitant à côté de la carrière, nous voilà sur le pont ! La demande est de réaliser le cadeau de Noël / nouvel an pour les employés du groupe, soit 200 tasses, MAIS, en tournant l’argile qu’on trouve à Iffendic !
Etant quasi sur place, je suis allé chercher des blocs d’argile dans la carrière.

crédit photo : Hélène Nevo
S’en ai suivi la phase de séchage, puis préparation de la terre pour le tournage. Il s’agissait de tremper l’argile, la touiller, et la passer au tamis.
la belle boue obtenue est ensuite versée dans un sac en toile (une taie d’oreiller ^^)
Puis suspendue afin qu’elle perde de l’eau jusqu’à obtenir la texture « pas loin d’être impecc »
(on voit les empreintes de doigts qui tâtent les sacs 😀 )
Une fois impecc, il faut sortir la terre MAIS, si vous lisez ça en vue de refaire de même, une chose à noter. Le haut du sac est maculé d’argile sèche qui va tomber en morceaux sur la terre qui est impecc. DONC, avant d’ouvrir le sac, tremper la partie sèche dans de l’eau : ça transformera le sec en bouillasse, bien moins pénible à gérer à l’ouverture.
Et hop, malaxage, ça fait des pâtons qui ont besoin de sécher un peu encore.
Quelques temps plus tard, quand nos calendriers avec Perrine ont pu s’aligner, voici le moment venu du tournage !
Le sujet est une petite tasse sans anse. Perrine ouvre le bal sur le tour.
Et c’est l’enfeeeeeeer ^^ La terre est très élastique-pénible rendant le tournage compliqué ! Perrine a dit « j’ai l’impression de revenir à l’époque de la formation où il m’était difficile de faire deux pièces identiques »
Cependant, elle a envoyé ses 100 tasses dans la journée, non sans rage ^^
« La variation fera partie du fun » nous nous sommes dit 🙂
Et à l’aide d’un ventilateur, nous avons pu sécher les tasses pour qu’elle puisse enchainer le tournassage en jour 2 + pose de l’émail sur cru.
Et coup de séchage au ventilo par dessus !
J’ai enchainé après elle sur ma part de la commande et je ne peux m’empêcher de noter (Perrine quand tu liras : trigger warning ^^) que bientôt 20 ans de tournage permet de produire des pièces avec une forme régulière tout au long, bien que la terre soit très compliquée !! Alors oui, ça ne fait pas modeste d’écrire ça, certes, mais le sous texte c’est : la fabrication des poteries est un métier qui demande des années de pratique pour être « tout terrain ». C’est l’aventure d’une vie, une vie de travail qui ne cesse d’apporter de la maitrise au fil du temps. Ma collègue de projet, plus jeune dans le métier, malgré la difficulté évidente, a tenu un rythme dont elle n’a pas à rougir. Un rythme qu’on ne retrouve surement pas chez tous les jeunes potiers. J’étais impressionné par la rage et l’abnégation dont elle a fait preuve pour tenir sa part du contrat !!
Le temps a passé et quelques semaines plus tard est venu le temps de la cuisson. On a tourné chez moi parce qu’on cuisait dons mon nouveau fouuuur ! C’était sa première haute température !!!
C’était fou de mon point de vue, avec ce si grand four, d’enfourner autant de pièces !!!
Nous avons passé la journée à cuire, découvrant comment ce four réagissait. Il y a eu des moments stressant pour ma part, mais nous avons trouvé comment atteindre la haute température au bout d’un moment 🙂
De quoi se faire des souvenirs ! 🙂
Puis deux jours plus tard, résultat, défournement !
Une mer de poteries !! ^^
Le résultat correspondait à ce qui était attendu, c’est une argile pénible mais qui est très costaud une fois cuite !
Voilà, c’était donc l’histoire des cadeaux de Noël des employés du groupe Marc ^^