Je travaille à domicile dans un petit espace d’environ 8m². C’est petit mais c’est fonctionnel !
A gauche l’étagère de planches de poteries en cours et à droite l’étagère qui simule l’enfournement. Une aide précieuse pour gérer les pièces bien avant la veille de la cuisson, dehors, dans le froid, à 22h30, sans avoir manger. C’est grand confort !
Le tour est à moteur électrique, pédale déportée, tout pour être à l’aise.
Point de vue matériel, j’aime l’idée de fabriquer les outils dont j’ai besoin, qu’ils soient en bois, en acier ou en céramique bien sûr ^^
Pour les outils en acier, j’ai monté une petite forge à la maison, soufflet double vent pour les sachants (mais en agglo et pare-pluie ^^). Tout ce que je sais, je l’ai appris avec mon ami forgeron Simon Pellequer, qui a l’infinie patience pour expliquer et la (l’apparente) quiétude à travailler (que j’envie 🙂 )
Et quelques années plus tard, le copain Jean m’a donné un soufflet de la fin du 19e siècle dont il avait fait refaire le cuir. J’en ai donc profité pour mettre à jour le foyer !
Sinon, le four… Aaaaaaahh le four… L’outil qui finalise tant d’espoir, tant en les magnifiant que parfois en les détruisant, tel un dieu bon, juste mais impitoyable !
Oui c’est spécial la cuisson, que l’on soit dessus toute la journée au bois, ou en tournant l’interrupteur électrique, dans le métier, nous avons tous un rapport, à la fois pragmatique et irrationnel, au four. Et le défournement est toujours un Noël, mais souvent ce Noël qui mélange le dernier jouet à la mode et un nouveau pyjama -_- (peut être que seule ma famille comprendra ?).
Le travail au four à bois est pour moi une continuité avec ce qui s’est toujours fait par le passé, mais aussi un choix économique, tout en permettant le plaisir de se fabriquer soi-même ce qui nous est nécessaire pour travailler.
En 2024 j’ai fait un four inspiré par les plans du four Girel 3E. Pourquoi ce four ? Qu’est ce qui m’a plu ? Surtout l’ergonomie !! Le foyer fonctionne surtout en passant le bois par le dessus, c’est vraiment moins fatiguant que le four précédent dont vous verrez les visuels plus loin.
(On voit la collègue Perrine à gauche qui était présente à la première cuisson haute température car nous avions une commande commune à cuire !)
Le four fait un peu plus de 500L utile, c’est mon plus grand four personnel ! C’est vraiment super de cuire beaucoup de pièces à la fois ! La chambre de chauffe est constituée de deux piles de plaques 50x50cm, moins lourdes à manipuler que les 50×60 du four de 2020
Le four précédent a été monté en 2020, c’est un modèle phœnix à foyer déporté. Voir ici la construction. Le montage en briques légères, et son foyer à sole percée permettent une combustion satisfaisante qui peut facilement atteindre la vitesse de 200°C/heure. La cuisson grès durait environ 8-10 heures selon les conditions autour.
L’enfournement se faisait sur une étagère en plaque de 50x60cm (un peu lourd à force)
C’était un four plus confortable pour enfourner et cuire par rapport au four précédent, mais le temps passant, l’âge avançant, pour durer, il a fallu améliorer le confort ^^ De plus, plusieurs soucis m’ont donné envie de tenter le four avec foyer inspiré du Girel 3E qui permet de cuire debout tranquillement ! Sinon les soucis majeurs c’est le foyer latéral qui créait un côté +froid dans l’enfournement dû à l’aspiration de l’air extérieur, et, le passage du bois par le dessus faisait refouler la flamme dehors à chaque ouverture par manque de tirage.
Encore avant cela, le four principal de l’atelier était également un Phoenix, monté en 2011, mais plus classique, avec le foyer sous la sole. Puisque j’avais enterré le foyer, j’avais un double problème : je devais enfourner allongé par terre, et cuire plié en deux o_O Je vous laisse essayer d’imaginer l’agréable moment de disposer une plaque de 50×50 cm à l’aveugle, une jambe dans le foyer, sans taper les poteries crues du dessous…
Vous remarquerez peut être que j’ai gardé la fosse devant le foyer pour facilité l’enfournement des fours suivant 🙂