Ici vous trouverez prochainement les infos concernant mon dernier four en date.
Si vous êtes impatient, scroller les actualités jusqu’à arriver sur juillet-septembre 2024, vous aurez le récit de l’aventure.
Ici je voudrais faire autre chose qu’un récit, plutôt un genre de tuto qui explique mes choix pour que vous puissiez les comprendre et faire les votre 🙂
Rédaction en cours :
Afin d’adapter mon four à la production intensive du moment, après 4 ans et 64 cuissons dans le four de 2020, l’ancien four est démonté afin d’au moins doubler la capacité d’enfournement ! Passer de 220 L à 450 L serait super ! Au final j’ai dépassé 500 L 🙂
Choix du modèle de four
J’aurais pu monter un grand phoenix, un four chainette, ou un minigama mais j’ai opté de travailler à partir des plans du four Girel 3E (plans disponibles sur demande sur le site de Jean Girel).
Pour quelles raisons ce type de four ? Déjà parce que le foyer étant éloigné de la chambre d’enfournement, il y a peu de marques de cendres et autres possibles coulures d’émail sur les céramiques et ça j’aime mieux. Si vous voulez un four à bois où la flamme vient buriner les pots, c’est pas le four qu’il vous faut (mais vous trouverez peut être quelques astuces de chantier). J’aime bien l’idée d’un four en « largeur », à deux piles de plaques d’enfournement, parce que la distance que la flamme doit traverser pour rejoindre la cheminée est limitée, évitant donc les écarts de température trop important dans cet axe. Et dernier point, l’alandier pour cuire debout, c’est vraiment idéal quand on veut s’épargner de la fatigue si c’est son unique four de production !!
Pourquoi n’avoir pas suivi à la lettre le montage du four Girel 3E ? J’en ai parlé ici et là, j’aime beaucoup le principe du four, mais les choix de matériaux, de dimensions, sont surement justifiées mais ce n’était pas indiqué. Surtout, en suivant à la lettre, le budget du four était trop élevé pour un radin de mon espèce ^^ Puisque en gros ça marchera de toute façon mieux que le four précédent, je me suis dit que ça sera « bien » même si c’est pas « mieux ».
J’aurais aimé faire la porte, mais c’était du soucis que je n’avais pas le temps de gérer, un jour peut être. J’aurais aimé faire 650 L mais ça faisait vachement haut dans mon jardin, et j’aimais mieux une structure moins imposante. Ma version est donc un peu plus basse, il faut une fosse pour enfourner les premiers niveaux, mais ça ne me dérange pas.
Bref, je voulais faire un récit de chantier idéal et je me perds déjà dans les détails ^^ Bon, la suite sera donc un mix de tutoriel et de pourquoi/comment j’ai travaillé de mon côté ! Oui parce que, dernier détail, ça aussi j’en ai parlé par ci par là, si monsieur Girel vous passez par là, la suite n’est pas un flagrant signe d’ingratitude !
Le fait de partager les plans et une marche à suivre pour le montage du four Girel 3E est vraiment super ! C’est un travail fastidieux pour mâcher celui des autres et c’est une chose qui m’a été précieuse ! Ce qui m’a déplu (c’est là qu’on pourrait se dire que je crache dans la soupe) c’est que je n’y trouvais pas ce que je cherchais : la justification des choix ! Et pour cause, les plans du Girel 3E sont une notice de montage et pas un tutoriel pour apprendre comment faire son propre projet, j’en conviens. Mais moi, je voulais limiter le tarif donc pas de calcil, de grille, de plaque d’enfournement pour ci et ça, pas d’enduit de zircon. Je ne savais pas si tous ces choix étaient si notable, mais dans le doute, je me suis dit que je ferais à ma sauce, puisant ci et là de précieuses informations de mesures sur les plans, m’évitant de trop me casser la tête à y penser ^^ Au fil du chantier, j’ai eu l’impression que je faisais des choix qui me ressemblaient et j’avais l’impression d’apprendre à connaitre m. Girel en découvrant les siens 🙂
Ceci étant dit, voici comment je m’y serais pris idéalement :
Préparation du chantier :
J’ai pris un mois de préparation avant de commencer à coller des briques, et croyez moi ça vaut le coup de ne pas se précipiter !! Je serais vous, je commencerais par mettre à la bonne taille l’abri du four, surtout si vous êtes dans un région où la pluie a tendance à tomber même en plein mois d’août.
J’étais en cours de route quand j’ai démonté l’ancien abri pour avoir assez de hauteur pour continuer le chantier -_- Donc le faire avant, ça aurait été mieux !
Faire le plein de toutes les briques c’est idéal, mais pour ça il faut faire le plan du four afin de les compter et d’arrondir largement à la hausse.
Vue avec le four de 2020 derrière 🙂
J’ai eu besoin de briques isolantes, de briques lourdes et de briques plâtrières. Quelle quantité ? Arf misère je n’ai pas compté parce que j’avais un stock de base et je suis allé en rechercher. Si je suis chaud, je ferai le compte et je le noterai ici :
Ce qui est chouette dans le montage du girel 3E c’est que la structure métallique est montée en premier, permettant de se poser contre pour maçonner, évitant de devoir se galérer à surveiller les niveaux et les verticales (oui moi ça me galère).
Ne pouvant faire autrement, j’ai monté le soubassement en premier et ensuite installé les cornières d’angle. J’avais tellement de doutes sur la surface du four que j’ai préféré faire comme ça. Une fois les dimensions calées, mon voisin est venu faire quelques points de soudure, pour tenir l’écartement choisi.
Si vous avez un plan bien calé, autant faire directement le ferraillage final, c’est aussi bien pour manœuvrer avec le poste à souder. Ici, mon ami forgeron Simon est venu juste avant de placer la voûte.
Dans le mois de préparation en juillet 2024, il y a eu la session préparation de la voûte ! C’est vraiment mieux de la faire en amont quand on connait sa portée. Comme ça on prend le temps sans se faire un stress au milieu du chantier pour ça !
(Je fais copier coller de ce que j’avais écrit dans les actualités de ce mois là)
Voici le tuto « faire une voûte » !
Alors la voûte, on a dit, doit se porter entre deux murs espacés de 123cm et j’ai choisi que la hauteur de la voûte soit 20cm. Comment tracer l’arc de cercle qui passe par ces trois points : les deux extrémités A et B et le haut de la voûte D ?
(en vrai j’ai pas choisi les 20cm là, j’ai pioché dans les plans du four Girel 3E mais je vous présente là comment on fait quand on part de rien)
(Et si vous voulez une voûte plus « ronde », bah vous choisissez une hauteur plus grande quoi ^^)
Alors donc, l’arc de la voûte que l’on veut dessiner, fait parti d’un grand cercle dont on ignore où est le centre ! On sait juste que A, B et D sont sur son chemin.
Ok, bon, déjà on sait que le centre il est bien calé, en dessous du sommet de voûte (D) et à mi chemin des deux extrémités A et B. Mais il faut savoir à quel distance on peut prendre un compas, piqué au bon endroit, et tracer l’arc qui passe par A puis D puis B. On est ok là dessus ?
Pour trouver ce centre de cercle, il faut faire ça : déjà tracer les lignes (les droites) AD et DB
et tracer les médiatrices de ces deux droites
Oula oula ! Quoi ?? Les médiatrices de quoi ??
On respire, on regarde le dessin, ça va aller 🙂 On a tracé les deux droites AD et DB qui rejoignent les points qui sont sur l’arc de cercle.
Ok, ensuite pour chaque droite on trace une ligne qui la traverse en son milieu, et en angle droit (j’ai écrit 90°).
Vous voyez ?
(et pour faire ça, on ouvre le compas au pif, on pique à un côté de la droite et on trace l’arc d’un côté et de l’autre de la droite, puis pareil de l’autre côté, on pique à l’autre extrémité et on trace l’arc au dessus et en dessous de la droite. Ca fait de chaque côté des croix. Ya plus qu’à tracer la ligne entre ces deux croix et hop : c’est ça la médiatrice)
A la fin, les deux médiatrices se croisent pile sur l’axe verticale (sinon c’est que l’écartement du compas à bougé en cours de route ^^ ça arrive) Et ce point là c’est ? c’est ? C’est le centre du cercle qu’on cherche ! Et qui fait tout proprement l’arc de la voûte !
Vous trouvez donc que le rayon du cercle sous voûte c’est 105 cm 🙂 Et vous êtes content 🙂
Ya plus qu’à tracer l’arc du même centre mais espacé de la hauteur de brique que vous avez (moi 114mm) et ensuite ya plus qu’à tracer des rayons pour chaque briques (sur le dessin, j’en ai dessiné 3)
Alors perso moi là, j’ai des briques déjà taillées en claveaux, mais bien sûr pas avec l’angle qui m’intéresse -_- Dans mon cas, je garde le petit côté par facilité, mais donc je dois réduire le grand côté pour avoir un angle plus aigüe (aigüe : regardez sur google si besoin c’est relou à expliquer par écrit) parce que sinon ça fait ça :
et c’est pas beau ( bien qu’en vrai ça tiendrait tout pareil non ?)
moi comme j’ai des briques avec un petit côté de 59mm que je voudrais garder par flemme, je me base donc sur ça pour découvrir la taille de l’autre côté de la brique.
Mais là ! Le papier, c’est pas assez précis ! Il faut faire tout ça, plutôt grandeur nature, échelle 1:1 ! C’est bien mieux !
Admirez la haute technologie à l’oeuvre avec une planche, un carton, un clou, une ficelle et un crayon ! 😀
La ficelle c’est le compas, le clou c’est le centre (et en fait il est planté dans un bout de planche pour rester verticale sous le carton)
je mets le crayon à 105 cm du centre.
Ah, c’est bête, mais c’est relou pour que la pointe reste bien à la bonne distance… Comment faire ? On fait une boucle autour du crayon ? Bah c’est un peu limite, selon si on tient le crayon de biais, ça change le truc.
Moi j’ai opté pour ça : faire un noeud à la ficelle à la bonne distance et traverser la mine contre le noeud
Comme ça je peux tendre la ficelle et rester au plus près du bois pour tracer.
Voilà mon arc sous voûte tracé, grandeur nature, puis l’arc extérieur de la hauteur 114mm de ma brique.
Ya plus qu’à tracer les rayons pour représenter chaque brique, pour avoir le bon angle de claveau de brique (en partant de la mesure du petit côté 59mm définie en amont).
(la brique sur la photo ne fait que tendre le fil, j’ai pas 4 bras ^^)
Sur l’arc extérieur, je mesure enfin les distances et à deux trois variantes près, je tombe sur un grand côté de 65mm ! Youpi ! Ya plus qu’à tailler toutes les briques selon ces mesures !
Arf, l’enfer…
Comment faire pour que les briques se ressemblent au plus possible ?
Le GABARIT BONDIOU !
Il faut faire une boite en bois, un gabarit, qui a d’un côté la petite hauteur et de l’autre la grande hauteur !
Si je pose ma brique dans cette boite, dépassera ce que je dois retirer !
Voilà donc la dite boite, sommet de la technologie (vous n’êtes pas prêt)
Tadaaaa
Elle reprend les mesures du dessins juste avant (cotes intérieures) et est dotée de protection en métal pour éviter de râper le gabarit, ce qui serait bête, ça changerait les mesures des briques !
Ai-je pensé à inclure l’épaisseur du métal dans la découpe du bois ?
Ben sûr que non ! 😀 mais avec un carton dans le fond, je retrouve les bonnes mesures :
La brique placée dedans, on voit ce qu’il faudra retirer pour avoir l’angle parfait !
Et pour ça l’outil c’est la râpe à bois ! Sur les briques légères, c’est très efficace ! Mais il faudra quelques râpes parce que les briques sont très abrasives, ça va leur limer les dents !
Une fois 22 briques retaillées, j’ai pu voir ce que ça donne
Mais à plat comme ça, je ne préfère pas définir les briques qui viendront faire le départ de voûte (les « sabots »)
C’est la brique à droite le sabot.
Alors on y va, on se fait le gabarit ! A partir d’un panneau de 1,8x30x200 cm j’ai la place de coupé à la scie sauteuse deux arcs.
Et dans les chutes, je fait un 3e arc. Radin ? Nan, juste un gars fûté 😀
Voilà avec deux formes je peux vérifier mes briques de voûte en position normale avec un test de sabot.
Avant de faire tous les sabots, j’ai terminé le gabarit de voûte pour être sûr sûr de l’angle des sabots !
Et c’est pas visible mais j’ai mis un carton par dessus pour que toutes les briques tiennent bien dessus. Voilà ce que ça donne :
ce qui permet de mesurer l’angle des sabot à la fausse équerre :
Je la coupe en deux parties égales dans mon cas, ça économise les briiiiques ^^ ça fait un petit côté de 7cm.
Après, crrr crrr crrr, on coupe à la scie égoïne !
Et petit détail, cette scie ayant perdu toutes ses dents lors du chantier du four de 2020, voici comment j’ai rattrapé la chose, pour éviter de poncer les dents de toutes les scies du quartier : des dents taillées à la meuleuse 😛
Et il n’y a plus qu’à enchainer pour faire tous les sabots
et puis ensuite j’ai fait la taille des autres briques de voûte ! J’ai accéléré le processus avec le combo on dégrossit à la meuleuse et on termine à la râpe à bois pour l’angle final !
Juste avant le début du chantier
La chose à préparer encore, c’est la terre pour faire les joins de brique. J’en ai préparé de 3 sortes, pour l’intérieur du four, c’était le mélange 10 L de terre réfractaire sèche avec 15 L de chamotte très fine (des briques légères). Sinon, pour les zones moins chaude j’avais un mélange un tiers argile deux tiers sable fin pour une avec de l’argile réfractaire, et pour une autre un mélange de grès (les chutes de tournassage des poteries des dernières années).
Quelle quantité de chaque ? Et bien ces trois mélanges étaient chacun dans un poubelle noir de 70 L, mais largement pas rempli à ras bord, je dirais autour de la moitié de la contenance des poubelles, soit 30-40 L. Ca a été suffisant, j’ai même fait l’enduit intérieur du four avec le mélange à la chamotte !
Aussi, la porte. J’aurais dû m’y prendre plus tôt, mais je n’y ai pas pensé, mais pensez y si vous faites comme moi des grosses briques isolantes de porte vous même ! Pour cela il a fallu déjà faire des coffrages :
Perso j’ai utilisé les briques plâtrières parce que c’est des grands panneaux bien plan. Si vous êtes attentif, vous remarquerez qu’il y a des contreforts, une corde autour, tout cela doit être bien fixe parce que une fois l’argile dedans, ça pousse !
Le mélange isolant, je l’ai fait avec la terre réfractaire et des brisures de bois de briques de bois densifié que l’on trouve en magasin de bricolage ou de supermarché. Une fois trempé dans l’eau, la brique s’ouvre complètement en débris de bois (si la brique est coincé au fond d’un seau, elle casse le seau en gonflant, si si !)
les proportions que j’ai calé sont : 2 briques cylindres de bois densifié + 7 à 8 L d’eau (résultat + ou – sec) donnent 15 L de brisures de bois, auquel j’ajoute 6 L d’argile sèche en poudre. Ensuite je mélange et il ne faut pas s’inquiéter si ça semble trop sec au début, ça va aller 🙂
C’est un mélange une fois cuit que je trouve plutôt à mon goût 🙂 Vous pouvez jouer avec les proportions selon ce que vous voulez. Gardez en tête que + il y a de bois + c’est isolant et + il y a d’argile + ce sera mécaniquement dur. On n’a pas tout en même temps, il faut choisir le mieux pour chaque besoin.
ça a mis du temps à sécher avant de pouvoir décoffrer et ensuite que ça soit assez sec pour les cuire, donc c’est pour cela que je vous conseille de faire ça dès la phase de préparation, même sans savoir les dimensions précises, parce que sinon c’est la couuuurse et le stressss ! ^^